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La Bible des Peuples

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Daniel

Introducción

Le livre de Daniel joue avec son lecteur. On se demande comment nos pères ont pu être assez ingénus (Blaise Pascal le premier !) pour croire qu’un vieux sage nommé Daniel avait décrit, des siècles à l’avances, et dans tous les détails, l’histoire et les guerres du temps des Maccabées (Dn 11). Mais ce n'est là qu’un des trompe l’œil du livre. Si on le prend pour de l’histoire, tout est invraisemblable, et il n’y a pas de lien entre les différents chapitres, ni de cohérence dans le personnage de Daniel, qu’il soit enfant (Dn 13), adolescent (Dn 1), adulte (Dn 7), ou centenaire (Dn 5). Il faut donc chercher ce que l’auteur voulait dire.
Le temps des Assidéens
Le livre de Daniel a dû être écrit vers l’an 165 avant notre ère. Il est le témoin d’un mouvement religieux, celui des Assidéens, ou Hassidim (pieux), qui était né quelques dizaines d’années auparavant et qui allait renouveler l’espérance du peuple de Dieu.
Vers l’an 200, cela faisait deux siècles qu’on était en théocratie (un système social dirigé par les prêtres) et l’on ne vivait que du passé : les patriarches, Moïse surtout, les lois, la religion prévue dans tous ses détails, au centre de tout le Temple et ses liturgies. Et les prêtres dominaient la pyramide sociale. Mais n’y avait-il pas des promesses de Dieu, l’attente d’un monde de justice ? On répondait que les promesses s’étaient accomplies avec le retour d’Exil : le Temple avait été rebâti, le peuple observait la Loi : on n’attendait plus rien.
Pourtant le peuple est écrasé par les grands propriétaires et les impôts qu’on paie aux souverains d’Égypte. Les jeunes, les prêtres surtout cherchent du neuf, et on ne leur offre pas d’autre nouveauté que celles de la culture grecque : le sport, l’art et la culture, les relations internationales et l’argent. On se matérialise, et lorsque viendra le temps de la persécution, beaucoup seront prêts à se délester du bagage religieux devenu inutile.
C’est alors que les Assidéens (les pieux) émigrent spirituellement et vont au désert, ils s’y consacrent à la prière et à la recherche intérieure. Ils vont droit aux livres prophétiques pour retrouver les secrets de l’action de Dieu dans le présent et ses projets d’avenir. Car les prêtres avaient oublié les prophètes et pour eux l’Écriture était tout entière dans la Loi, le Droit Canon de l’époque.
Et voilà qu’on réapprend l’art d’espérer. On aspire à une sagesse révélée, non plus celle qu’enseignaient les Proverbes et les Sages. On cultive la science des époques de l’histoire : n’est-il pas proche le temps où Dieu reprendra en mains le monde ? On s’intéresse au sort de la personne, non plus seulement à la prospérité d’Israël. Et comme on a retenu les discussions des grecs sur l’existence de l’âme, on commence à croire en une résurrection des morts.
Or voici que quelques années plus tard les souverains syriens d’Antioche qui dominent la Palestine veulent unifier la religion de leurs peuples divers afin de donner de la cohésion à l’empire : il faudra renoncer à Yahvé, le Dieu unique. Pour les Juifs fidèles c’est l’heure de dire non et c’est le début des persécutions. Les Assidéens seront l’âme de la résistance et l’auteur de Daniel est l’un des leurs.
L’heure des apocalypses
Le livre de Daniel a été écrit au temps des Maccabées, peu avant la paix fragile que les Juifs obtinrent l’an 171 avant le Christ. Les Juifs qui ont recueilli ce livre un siècle avant Jésus ont reconnu sans hésiter que les visions des chapitres 7-12 appartenaient à la littérature apocalyptique qui était de mode à ce moment et ils n’ont pas rangé Daniel parmi les prophètes anciens mais parmi les écrits les plus récents.
Nous venons de nommer la littérature apocalyptique. C’est une façon de présenter l’histoire très prisée au long des deux siècles antérieurs au Christ comme dans celui qui suit. Ce sont des temps critiques et les apocalypses (ou : révélations) prétendent révéler le sens des événements graves auxquels on est affronté et le terme auquel ils aboutiront. Ce genre de révélations étaient toujours attribuées à des personnages fameux des temps passés ; comme il y avait des apocalypses d’Hénoch, de Noé, d’Isaïe, celle là aussi était attribuée à Daniel, un sage légendaire mentionné en Ezéquiel 14,14.
L’auteur recourra aux artifices littéraires qui lui semblent nécessaires pour qu’une telle révélation soit digne de Dieu : tout sera donc révélé par des anges. Il sera convenable d’utiliser un langage grandiose et de s’exprimer au moyen de figures et de symboles : les couleurs et les chiffres auront une valeur symbolique.
L’auteur de ce livre nous a dit l’essentiel en quelques paragraphes des chapitres 7, 9 et 12 et il les a incrustés dans de larges descriptions souvent répétitives. Pourtant, notons-le, il n’a pas pu construire sa fiction sans qu’apparaisse, tout spécialement en 7,14, le rôle et la personnalité divine du Christ –et cela, bien que, très probablement, il n’ait jamais eu l’idée claire d’un Sauveur.
Il y a trois parties dans ce livre :
Dans les chapitres 1-6, l’auteur récupère différentes histoires qui enseignaient aux Juifs vivant dans les pays païens à ne pas renier leur foi ni abandonner les pratiques de leur Loi, quels que soient les risques pour eux. Cette première partie est rédigée (comme aussi le chapitre 7) en araméen, la langue que parlaient les Juifs au second siècle av. J.C.
Dans les chapitres 7-12 il donne son propre message à ses compatriotes persécutés. Il y a là trois passages plus notables : le texte qui se réfère au Fils de l’Homme (7,9-14) auquel Jésus fera allusion (Mc 13,26 et 14,62) ; l’annonce de la résurrection des morts (12,13) ; la “prophétie” des soixante-dix semaines qui se prête à de nombreux commentaires sur la fin du monde.
Les récits des chapitres 13–14 : histoires de Suzanne et de l’idole de Babylone, qui ne se lisent que dans la bible grecque, sont du même esprit que ceux de la première partie.

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